vendredi 2 janvier 2009

Des fleurs pour César !

Lors de mon dernier séjour à Rome, j'en ai profité pour assouvir mon amour des pierres anciennes avec une petite excursion à la maison d'Auguste sur le Palatin.
Il s'agit du premier d'une longue série de palais construits par les empereurs romains sur la colline qui surplombe le Forum Romain. Quelques pièces de la maison d'Auguste ont été ouvertes en mars 2008 aux visiteurs ; la totalité de la structure n'est toujours pas accessible. Même les trois pièces ouvertes ne sont visibles que par des tout petits groupes (les accès sont réglés de la façon suivante : 5 personnes toutes le 10 - 15 minutes).
Mais quel bonheur de découvrir les pièces des appartements privés du premier empereur, décorées avec des fresques étonnantes correspondant au IIe style pompéien : couleurs vives et trompe -l'oeuil parfaits (regardez les ombres derrière les colonnes, tout est peint !).

En descendant du Palatin j'ai traversé le Forum Romain ; c'était peut-être la 200e fois que je parcourais ce trajet, tellement familier aux romains comme moi que nous ne nous attardons plus à observer les ruines qui nous entourent.

Pourtant, cette fois une chose avait changé : depuis quelques mois l'accès au Forum est devenu payant (une hérésie pour les romains, c'est pourtant très compréhensible lorsqu'on sait ce que représente la préservation d'un site archéologique de cette taille et aussi visité). Peut-être avais-je besoin d'optimiser le coût du billet d'accès unique Palatin-Forum (12 € !), car j'ai remarqué pour la première fois un muret couvert par une petite toiture, adossé à un mur en demi-cercle, placé face aux ruines des Rostres, à une cinquantaine de mètres. Une plaque - en italien- reprend le texte de Tacite qui raconte comment, après la mort de César, le peuple romain, encensé par le discours enflammé de Marc Antoine prononcé depuis les Rostres, s'est emparé du corps du dictateur et l'a placé sur une pire improvisée au milieu du Forum, où il fut crémé au milieu de la foule en pleurs.

Curieuse, je me suis avancée et j'ai regardé derrière le muret.
J'y ai découvert avec surprise une sorte de tumulus couvert de fleurs !
Des couches superposées de fleurs séchées et très anciennes, mais aussi, tout en haut de la pile, des fleurs fraîches ! Qui les a placés là ?
J'ai mené mon enquête auprès de mes amis romains : il ne s'agit pas d'une tradition locale, ils étaient tous aussi étonnés que moi. Car César, ce n'est pas Elvis : il est mort depuis près de 2000 ans après avoir massacré des millions de personnes dans l'Europe entière (souvenez-vous d'Alésia).

Des fleurs pour César ! La preuve s'il en faut que le passé, aussi lointain soit-il, rejoint parfois le présent.

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